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Mes meilleures lectures de 2016

2016 aura été pour moi une merveilleuse année de lecture, faite de très nombreuses belles découvertes. Je me suis enfin autorisée à ne plus persévérer dans la lecture des livres qui ne me plaisaient pas – hormis circonstances particulières – et j’apprécie beaucoup ce nouveau rapport à la lecture décomplexé. Après tout, je lis pour mon plaisir, et tout ne peut pas me plaire, tout comme ce qui m’aurait plu il y a cinq ans peut ne plus m’enthousiasmer ni me toucher aujourd’hui. En 2016, j’ai également essayé de lutter contre ma manie de garder pour plus tard tous ces romans dont je sais qu’ils me plairont et auront probablement un impact notable dans ma vie de lectrice, que ça soit par la découverte d’un auteur en particulier, ou à plus petite échelle, par celle d’une histoire marquante. C’est pourquoi il n’est pas facile aujourd’hui de dresser un bilan et de me limiter à 10 livres ! Comme je n’ai pas chroniqué beaucoup de livres sur ce blog, c’est aussi l’occasion d’en dire quelques mots pour vous donner envie de vous y plonger en 2017 ! Il est possible que j’écrire des billets sur chacun d’eux par la suite, mais si le temps ou l’envie me font défaut, vous pourrez toujours vous référer à cette liste.

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10. Quand rentrent les marins d’Angela Huth

Quand rentrent les marins suit la vie de deux femmes de marins unies par une amitié solidement formée durant l’enfance. Angela Huth dépeint merveilleusement l’ambivalence des sentiments de chacune d’elles, l’atmosphère de ce petit village rythmé par l’activité du port de pêche, la rudesse et la beauté brute des paysages qui forment et déforment les personnages et leurs caractères. Un récit sur l’amitié brillamment mené qui m’a donné envie de découvrir d’autres romans de l’auteur.

9. La guerre des mercredis de Gary D. Schmidt

Ce roman se déroulant dans l’Amérique de la fin des années 60 est une petite pépite de la littérature jeunesse qui m’a enchantée et m’a rendue délicieusement nostalgique. On y suit les aventures d’Holling Hoodhood, un jeune garçon contraint de passer ses mercredis en compagnie de Mme Baker, son professeur de littérature qui, il en est sûr, le déteste ! Mais un jour, alors qu’il s’attendait à devoir nettoyer les tableaux, Mme Baker lui fait lire du Shakespeare. La guerre des mercredis est un roman touchant, drôle, et émouvant. Il fait désormais partie des romans jeunesse que je préfère, et en parler me donne déjà envie de le relire.

8. Les vies multiples d’Amory Clay de William Boyd

Présenté comme une biographie fictive, ce roman suit les aventures d’Amory Clay, une jeune femme née au début du XXème siècle qui se découvre rapidement une passion pour la photographie. Cette vocation la mènera aux quatre coins du monde et la fera vivre tous les grands évènements du XXème siècle à travers son objectif. William Boyd dresse ici un portrait de femme exceptionnel et passionnant.

7. Un paquebot dans les arbres de Valentine Goby

Ce roman sorti lors de la dernière rentrée littéraire suit le parcours initiatique de Mathilde, une jeune fille dont le père tombe malade et dont la maladie plonge toute la famille dans une situation précaire. Mathilde décide de prendre les choses en main, de lutter contre le destin, et de réécrire la fin de l’histoire que tous avaient déjà écrite. Un paquebot dans les arbres est un roman triste, certes, mais la personnalité de Mathilde, sa force et son courage, le rendent lumineux.

6. Le château de Cassandra de Dodie Smith

I capture the castle, ou Le château de Cassandra en français, est une petite perle de la littérature jeunesse anglaise. Nous y faisons la connaissance de Cassandra, une adolescente qui vit avec sa famille dans un château délabré de la campagne anglaise des années 30, espérant qu’un jour leur situation précaire connaîtra une fin. Arrivent alors deux américains venus s’installer dans le manoir voisin… L’écriture de Dodie Smith capture parfaitement la voix de son héroïne, à la faire évoluer, comprendre, grandir. Un très beau roman d’apprentissage dans une ambiance anglaise délicieusement bohème.

5. Joséphine Baker de Catel et Bocquet

Ce roman graphique dresse le portrait de la célèbre Joséphine Baker, et en dévoile les multiples facettes. Un très bel hommage extrêmement bien documenté et extraordinairement passionnant. Je vous renvoie au billet qui lui est consacré pour plus de détails.

4. 1000 femmes blanches de Jim Fergus

Un de mes derniers coups de coeur de l’année. Découvrez la culture indienne de la fin du XIXème siècle à travers les écrits de May Dodd, une jeune femme qui s’est portée volontaire pour intégrer une tribu indienne afin de faciliter l’intégration des deux cultures. Brillamment écrit, poignant, fougueux et forcément tragique, 1000 femmes blanches est un très beau récit sur la différence, l’amitié, le respect et les grands espaces américains.

3. Ma cousine Rachel de Daphné du Maurier

Ma cousine Rachel raconte l’histoire de Philip, orphelin élevé comme un fils par son cousin Ambrose. Pour des raisons de santé, ce dernier se rend régulièrement en Italie. Lors d’un de ses voyages, il y rencontre Rachel qu’il épouse avant de mourir peu de temps après. Cette dernière quitte l’Italie pour l’Angleterre afin de venir y faire la connaissance de Philip qui est quant à lui persuadé qu’elle n’est pas pour rien dans le décès d’Ambrose. Son séjour constitue la parfaite opportunité pour la démasquer… Daphné du Maurier n’a pas son pareil pour installer une atmosphère oppressante, dresser des personnalités ambiguës et mystérieuses, laisser le doute planer. Le suspense psychologique est intenable et la fin nous coupe littéralement l’herbe sous le pied.

2. L’amie prodigieuse d’Elena Ferrante

J’ai moi aussi succombé en cette fin d’année à la Ferrante Fever en me laissant totalement emporter par ce premier tome de la tétralogie que comporte l’histoire d’Elena et de Lila. L’amie prodigieuse est la première partie d’un récit d’apprentissage se déroulant dans l’Italie de l’après seconde guerre mondiale, au sein d’un quartier de Naples dont les frontières semblent hermétiques au reste du monde. Nous y faisons la connaissance d’Elena, la narratrice, et de son amie Lila, deux jeunes filles brillantes rêvant silencieusement d’émancipation, assoiffées de savoir, rivales, unies, mais aussi toutes deux profondément attachées à leurs racines. L’auteure arrive à reproduire parfaitement le microcosme et la violence ordinaire du quotidien de ses héroïnes, tout en soudant finement la psychologie de sa narratrice, le tout dans une écriture belle et fluide.

1. Americanah de Chimamanda Ngozi Adichie

Mon grand coup de coeur de l’année revient à la lecture de ce roman extraordinaire qu’est Americanah, pour son héroïne principale, son parcours, son humour et son côté revêche qui nous la rendent tellement réelle. Pour les portraits qu’il dresse des Etats-Unis et du Nigéria, pour son intelligence, pour les sujets qu’il traite, pour son auteure, mais surtout parce que j’ai eu immédiatement envie de le relire à peine la dernière page tournée.

Je termine en mentionnant certains des autres titres qui ont fait mon année, et que je vous recommande aussi chaudement:

Le voyage dans le passé de Stefan Zweig, Price de Steve Tesich, Nos premiers jours de Jane Smiley, Les trois lumières de Claire Keegan, Les divins secrets des petites Ya-Yas de Rebecca Wells, A room of one’s own de Virginia Woolf, Jack Rosenblum rêve en anglais de Natasha Solomons, En attendant Bojangles d’Olivier Bourdeaut, Les jours sucrés de Loïc Clément et Anne Montel, Brooklyn de Colm Tóibín, Letters from Skye de Jessica Brockmole, The house on Mango Street de Sandra Cisneros (non traduit), Drôle de temps pour un mariage de Julia Strachey